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Le XIXe siècle

 

L’épanouissement, la recherche

 
En 1800, le savant Alexandre Brongniart est nommé à la tête de la Manufacture qu’il dirigera pendant 47 ans. Un foisonnement de styles nouveaux caractérise la production. L’administrateur s’intéresse à d’autres matériaux céramiques et « vitriques » et à la modernisation de l’établissement avec notamment des nouveaux procédés, comme le calibrage et le coulage (aujourd’hui appelé grand coulage).
 
Sous le Premier Empire, un renouveau radical investit tous les styles. L’iconographie sert de support à l’épopée napoléonienne ; les architectes Alexandre-Théodore Brongniart, père de l’administrateur et auteur entre autres de la Bourse de Paris, et Charles Percier créent de nombreux modèles. Pendant la Restauration, des thèmes nouveaux apparaissent ; parmi les créateurs, figure Alexandre-Evariste Fragonard, décorateur de la Manufacture et fils du peintre célèbre.
 
En 1824, le Musée céramique et vitrique conçu par Brongniart, est ouvert au public. Ce Musée, premier exclusivement consacré à la céramique et aux arts du feu, à vocation à la fois pédagogique et technique se donne alors la vocation de réunir, conserver et présenter les céramiques de tous les temps et de tous les pays.
Sa collection s'agrège à l'origine autour de trois ensembles : les terres cuites originales qui ont servi au XVIIIe siècle à la fabrication des célèbres biscuits ; les vases antiques achetés par Louis XVI à Dominique-Vivant Denon et donnés à la Manufacture pour servir de modèles ; et les céramiques rassemblées lors de l'Enquête des Préfets de 1809 (chaque préfet d'une France qui englobait Turin et Maestricht devant fournir des exemples de céramique locale). Denis-Désiré Riocreux, peintre à la Manufacture, en devient le premier conservateur.
A côté des terres cuites et vernissées, la faïence, le grès, la porcelaine, les vitraux, les émaux peints et la verrerie complètent aujourd'hui ce vaste panorama des arts du feu.
 
Au plan technique, la modernisation du coulage, entre autres, permet les prouesses très appréciées lors de la première exposition universelle à Londres, en 1851.
 
Sous le Second Empire, à côté des formes et décors nouveaux, le retour aux thèmes de l’Ancien Régime s’affermit ; la sculpture est de nouveau prisée après une période de désaffection. Des recherches sur les pâtes sont entamées, notamment celle de la pâte tendre en correspondance avec le goût du jour.
 
Dès l’avènement de la IIIe République, l’orientation plus accentuée vers la recherche et la formation caractérise l’activité de la Manufacture, qui se démarque bientôt de l’industrie naissante en conservant délibérément les métiers artisanaux traditionnels, transmis de génération en génération, encore de nos jours.
 
En 1876, de nouveaux bâtiments, construits spécialement par l’Etat en bordure du parc de Saint-Cloud, sont inaugurés ; ils abritent encore aujourd’hui l'ancienne Manufacture nationale de Sèvres et l'ancien Musée national de céramique, devenus en 2010 la nouvelle Cité de la céramique.
Albert Carrier-Belleuse, directeur des travaux d’art (1875-1887), impulse la modernisation du style. Auguste Rodin travaille quelques années à la Manufacture, en recherchant des décors gravés sous l’émail.