Décor
Des décors parmi bien d'autres pour une assiette en porcelaine de Sèvres
Une assiette bleue, peinte et dorée subit au moins six cuissons de décors -
Décor aux oiseaux (1862) L’assiette
Duplessis avec ce décor fait partie d’un des services d’apparat de la Présidence de la République (1
ère livraison en 1871) et est également commercialisée.
Le
bleu de Sèvres (n° 20 dans la palette des
sur-couvertes de
pâte dure), fabriqué au laboratoire et livré en poudre à l’atelier de pose de fonds, est mélangé aux essences de térébenthine pour permettre la pose, en trois couches avec séchages intermédiaires. Etalée avec un pinceau large (
queue-de-morue), la couche de bleu est répartie uniformément avec la brosse en poils de blaireau (se dit
putoisage).
Pour ce modèle, les cartels qui doivent rester blancs pour la peinture à venir, sont réservés à l’aide d’un cache.
Le bleu cuit à 980° C (
brûlage des essences), puis à 1 360° C (
four de bleu) en
atmosphère oxydante.
La frise n° 76 (qui date vraisemblablement de 1858) est posée à l’atelier d’impression. Préalablement, le dessinateur-modeliste met à plat le galbe de la pièce et le graveur grave au burin la plaque en cuivre servant de support à l’impression : un quart de la frise est gravé avec ses deux
raccords.
A l’atelier d’impression, la plaque aciérée est
encrée avec l’or pur en poudre, mélangé à son fondant, au noir de fumée et à des huiles épaissies. Le décor est transféré sur un papier de soie par le passage sous la presse ; le papier, découpé et humidifié, sert à reporter le décor sur l'assiette, à l’aide d’une roulette recouverte de feutre. Le décor est chargé d’or pur en poudre et est retouché avec le bâtonnet en buis affûté sur place et le très fin pinceau de retouche.
L’assiette cuit à 840° C.
Le
fileur-doreur peint les filets avec le
pinceau à sifflet ; l’assiette cuit à nouveau à 840° C.
A l’atelier de
peinture, le peintre dispose de
palettes et d’un modèle de référence.
Les
couleurs de petit feu sont livrées par le laboratoire. Le peintre redessine la composition à l’échelle, vérifie les couleurs et centre le décor à l’aide du
poncif, papier transparent, où le tracé est reproduit, piqué et transféré sur l’assiette à l’aide du fusain.
Le peintre peint à main levée la composition en son entier. Pour ce modèle, deux cuissons sont nécessaires, à 880° C et à 840° C ; après la première cuisson, la composition est repeinte (
repiquée), afin de renforcer les tons et d’affiner les nuances et les détails.
Le décor aux oiseaux nécessite près de 20 heures de peinture.
Ensuite, l’or en relief est peint par le fileur-doreur, goutte d’or après goutte d’or. L’assiette cuit de nouveau à 820° C.
L’or pur à 24 carats, utilisé à Sèvres et préparé dans son laboratoire, sort mat du four : il est poli à l’atelier de
brunissage, afin de révéler sa brillance, à l’agate et à l’hématite. L’aspect moins brillant de l’
or relief de ce modèle est obtenu avec le sable de Nemours, puis l’outil en fibres de verre surliées, appelé
gratte-bosse.
Le bleu de Sèvres fascine les artistes de notre temps : des techniques différentes pour des effets variés A la Manufacture de Vincennes – Sèvres, plusieurs bleus ont été expérimentés dès le XVIII
e siècle. Le
bleu de Sèvres est un bleu de cobalt, nommé au XVIII
e siècle
Bleu royal, mis au point sur la porcelaine dure entre 1770 et 1775, comme fond coloré. Cette
sur-couverte transparente de grand feu est posée en général par
putoisage en trois couches sur la
couverte incolore cuite. Mais en changeant la technique, on change l'effet.
En 1970,
Etienne Hajdu a conçu et dessiné des décors d’assiettes
Diane, à fond
bleu de Sèvres et réserve blanche : la teinte est posée exceptionnellement par insufflation, mélangée à la gomme adragante et à l’eau, sur la
couverte incolore crue.
En 1992,
Olivier Debré a peint au pinceau le bleu de Sèvres sur des vases de Sèvres. Dès 1989,
Pierre Alechinsky vient régulièrement à la Manufacture pour peindre directement au pinceau des décors en
bleu de Sèvres sur la
couverte incolore crue des assiettes
Diane.
La porcelaine est un produit céramique blanc, translucide après cuisson, vitrifié dans la masse et sonore : le service Paulin Pierre Paulin a dessiné les formes du service pour l’édition à Sèvres ; les plats et assiettes blancs et à reliefs représentent l’apologie de cette matière difficile qu’est la porcelaine. L’assiette de présentation, à marli lisse, reçoit une couleur prune de petit feu posée par
putoisage sur la
couverte incolore cuite à l’atelier de pose de fonds, cuisson à 840° C.
Les modèles en plâtre des assiettes et des plats sont réalisés à l’atelier de sculpture-modelage de formes selon la technique du traînage au sabot ; pour les reliefs, des fines lamelles en plâtre sont fabriquées et appliquées sur le marli ; les moules en plâtre sont fabriqués à l’atelier de moulage-tournage en plâtre. Les pièces, en porcelaine tendre, (pâte tendre) sont réalisées à l’atelier de petit coulage avec la technique à ciel ouvert. Elles sont
biscuitées à 1 260° C et sont émaillées par insufflation avec la
couverte incolore pour cuire ensuite à 1 130° C.