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Le Vaisseau à mât

Une création d'exception : le Vaisseau à mât

Sèvres – Manufacture et Musée nationaux s'est lancé dès 2016 un nouveau défi à la mesure de ce qui fait sa renommée en matière de savoir-faire d’exception. Elle a souhaité produire à nouveau l’une des plus extravagantes et emblématiques oeuvres réalisées à la Manufacture : le pot-pourri à vaisseau.

Plus de 250 ans après sa conception, Sèvres édite le  pot-pourri à vaisseau dans sa version à fond rose et décor chinois, d’après la pièce conservée au musée du Louvre et acquise par Madame de Pompadour en 1760. Depuis 2017, elle réalise également une version à fond bleu d'après l'exemplaire conservé à la Frick Collection (New York). 

Plusieurs années de recherches techniques sur la forme et les couleurs ont été nécessaires pour réaliser cette prouesse technique qui sollicite un très grand nombre de savoir-faire exercés dans les 27 ateliers de la Manufacture, en particulier les ateliers du plâtre, du petit coulage et de la décoration.

Si le modèle en plâtre original est toujours conservé dans les collections, il ne permet cependant pas de produire une nouvelle édition. Il a donc fallu retrouver des gestes oubliés, en inventer de nouveaux et toute l’intelligence de la main des artisans pour créer cette pièce exceptionnelle.

Vaisseau à mât, d'après l'oeuvre conservée à la Royal Collection, 2018 - (c) Sèvres - Cité de la céramique

Vaisseau à mât, d'après l'oeuvre conservée à la Royal Collection - ( c ) Sèvres - Cité de la céramique

Vaisseau à mât, d'après l'oeuvre conservée à la Royal Collection - (c) Sèvres - Cité de la céramique

Au 18e siècle, le pot-pourri à vaisseau (désigné par le terme de Vaisseau à mât dès le début du 19e siècle) diffusait le délicat parfum de fleurs séchées. L’exemplaire à fond rose conservé au musée du Louvre fut acquis par Madame de Pompadour en 1760, et l'on peut imaginer que ses couleurs et décors s’accordaient harmonieusement aux fastueux intérieurs de la marquise. Objet de délectation et d’usage, il était la pièce centrale d’une riche garniture de cheminée dans sa chambre à l'Hôtel d’Évreux, actuel Palais de l’Élysée.

De style rocaille, sa forme créée en 1757 et attribuée à l’orfèvre du roi Jean Claude Duplessis  (v. 1695 - 1774) évoque les nefs d’orfèvrerie des tables royales. Les ajours aménagés dans la partie supérieure amovible et le corps de la pièce permettent la diffusion des parfums. Le décor est inspiré d’une estampe intitulée Le Théd’après une toile du célèbre peintre François Boucher (1703-1770) . Exécuté par Charles Nicolas Dodin (1734-1803), peintre de Sèvres au talent exceptionnel, il témoigne du goût de Madame de Pompadour pour les chinoiseries dont Dodin s’était fait une spécialité.

Dix exemplaires produits entre 1757 et 1764 à la Manufacture de Sèvres, aux décors différents, sont aujourd'hui connus. Ils figurent dans les plus grandes collections internationales (musée du Louvre, Paris - Wallace Collection, Londres - Waddesdon Manor, Royaume-Uni - Royal Collection, Buckingham Palace - Metropolitan Museum of Art et Frick Collection, New York - Walters Art Gallery, Baltimore - J.Paul Getty Museum, Los Angeles).

Cette œuvre inégalée, née au siècle des Lumières, n’a rien perdu de sa force. Elle incarne un certain art de vivre à la française ainsi qu'un moment d’histoire du patrimoine matériel et immatériel de Sèvres. La réédition d'une telle pièce est un réel défi qui répond aussi bien à des enjeux de création que de transmission.