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Les métiers et savoir-faire

Un patrimoine vivant

Sèvres – Cité de la céramique produit des œuvres d’art en porcelaine, pièces utilitaires et d’ornement, dont elle assure la diffusion ; les éditions sont puisées dans le patrimoine des modèles traditionnels et contemporains, répertoriés dans ses collections. Ce patrimoine est sans cesse renouvelé par les créations des artistes et designers invités.

La transformation

Les pâtes à porcelaine sont fabriquées sur place, ainsi que les émaux et les couleurs. Les matières premières pour les pâtes sont principalement le kaolin (provenant du monde entier), le feldspath (de Finlande et de Norvège) et le quartz (de France). Les quatre pâtes à porcelaine sont la pâte tendre (PT, une variante phosphatique de celle du 18e siècle), la pâte dure (PD, 18e siècle), la pâte nouvelle (PN, vers 1882) et la pâte blanche (PAA, pâte Antoine d’Albis, mise au point vers 1965). Les matières premières pour les couleurs sont les oxydes métalliques ; celles pour l’émail incolore (couverte incolore) sont la pegmatite et le quartz, roches provenant de France. À chaque pâte s’accordent ses émaux, ses couleurs et ses cuissons. L’atelier du moulin prépare les pâtes et la couverte incolore. Le laboratoire met au point les formules de pâtes, fabrique les couleurs et prépare l’or.

 

Le façonnage

Trois ateliers travaillent le plâtre pour fabriquer les modèles sur lesquels sont tirés les moules qui permettent de façonner les objets en porcelaine, excepté pour l’atelier de tournage lequel travaille directement la pâte sur le tour.

Les métiers de façonnage de la porcelaine à Sèvres sont le tournage, le calibrage (pour les assiettes), le moulage-reparage (pour la sculpture), le grand coulage et le petit coulage. Certains ateliers ont besoin d’une pâte consisante dite plastique qui s’apparente à la texture de la pâte à modeler. C’es le cas du tournage, calibrage et du moulage-reparage. D’autres ont besoin d’une pâte liquide que l’on appelle la barbotine, pour les ateliers du grand coulage, du petit coulage et du découpage-garnissage.

Le dessinateur d'épures réalise les dessins d’exécution des pièces de révolution nécessaires au tournage, au calibrage, au grand coulage et au plâtre, qui permettent de respecter les dimensions des pièces. Les pièces façonnées, à l’exception des biscuits, subissent une première cuisson dite de dégourdi à 980 °C. Cette température, peu élevée pour la porcelaine, conserve aux pièces la porosité nécessaire à la pose de la couverte incolore appelée émail. À l’atelier d’émaillage par trempage, chaque objet est immergé rapidement dans le bain d’émail ; après séchage et vérification au pinceau, les objets cuisent à haute température (la plus élevée à Sèvres est de 1 380 °C) dans le four dit de blanc. À cette étape, les pièces sont solides, vitrifiées dans la masse et translucides.

Les pièces de service et vases ne sont jamais vendus en blanc pour éviter les « sur décor », à l’exception de certaines créations d’artistes. Les biscuits, majoritairement des sculptures, cuisent après façonnage direcement à haute température en four dit de biscuit et sont polis après cuisson à l’atelier de polissage.

Aujourd’hui, trois types de fours sont utilisés : à gaz pour les hautes températures, et élecriques, appelés moufles, pour les basses température. Sèvres -  Cité de la céramique conserve 6 de ses fours à bois du 19e siècle - en briques, de forme ronde et haute de près de 10 mètres ; deux d’entre eux servent toujours de manière occasionnelle, pour des réalisations exceptionnelles de décor de grand feu et pour assurer la transmission de ces savoir-faire.

La décoration

Après le four dit de blanc, suivi d’un tri rigoureux des pièces et parfois de leur ajustage à l’atelier de tri, différents métiers de décoration peuvent intervenir au moyen de couleurs et/ou de métaux précieux. Les couleurs de Sèvres, fabriquées dans son laboratoire, se divisent principalement en deux catégories : les couleurs dites de grand feu (cuisson au-dessus de 1 100 °C), composées de colorants et de flux vitreux et les couleurs dites de petit feu (cuisson au-dessous de 1 000 °C), composées de colorants et de fondants, réalisés également sur place. Le métal précieux le plus utilisé est l’or pur à 24 carats, provenant d’un lingot réduit en poudre au laboratoire. Les étapes de décoration vont ainsi alterner avec les cuissons dégressives.

Les métiers de décoration des porcelaines de Sèvres sont  l'émaillage par insufflation, où des techniques diverses sont employées avec les couleurs de grand feu ; la pose des fonds colorés, parmi lesquels le plus célèbre est le bleu de Sèvres avec les couleurs de petit feu ; l’offset ; l’impression, métier précédé par ceux du dessinateur-modéliste  et de la gravure ; le filage et dorure, pour l’application au pinceau des filets et autres garnitures ; le brunissage, étape de lissage à l’agate et aux hématites du décor doré, afin de redonner la brillance à l’or pur rendu mat par la cuisson ; le montage et la ciselure, où le métal est travaillé, notamment pour assembler des éléments entre eux et ciseler des surfaces.

Compte tenu du nombre des métiers, de leur complexité et des impératifs techniques liés aux matières employées, plusieurs cuissons sont nécessaires pour achever une pièce en porcelaine de Sèvres ; ainsi, un objet bleu, peint et doré cuit au moins 8 fois à hautes et à basses températures.