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Glossaire

 
Dans les ateliers de la production de porcelaine, une multitude de termes anciens sont employés. Imagés et poétiques, liés aux techniques et aux gestes si singuliers comme aux outils conçus et fabriqués sur place, en voici les principaux, sous la forme d’un glossaire.

 


_ A _ B _ C _ D _ E _ F _ G _ H _ I _ J _ K _ L _ M _ N _ O _ P _ Q _ R _ S _ T _ U _ V _ W _ X _ Y _ Z _

 



 

_ A _

 
Atmosphère oxydante, atmosphère réductrice :
Aux fours, l’atmosphère est le rapport entre la quantité d’air réellement utilisée au cours de la cuisson à haute température et celle théoriquement nécessaire.
Atmosphère oxydante : la quantité d’air réellement utilisée est supérieure à celle théoriquement nécessaire.
Atmosphère réductrice : la quantité d’air réellement utilisée est inférieure à celle théoriquement nécessaire.
Ainsi, les couvertes comportant de l'oxyde de cuivre donnent du bleu turquoise lorsque la cuisson, à haute température, a lieu en oxydation ; du rouge "sang de bœuf" lorsque la cuisson a lieu en réduction.



 

_ B _

 
Basane :
Au calibrage, outil circulaire, dont les bords en bois renfermaient jadis une peau tendue, aujourd’hui une pellicule en plastique. La basane est utilisée comme support de travail pendant la première opération de calibrage.
 
Biscuité(e) :
Se dit de la porcelaine cuite à haute température sans émail et sans décor.
 
Bleu de Sèvres :
Sur-couverte de grand feu, en général appliquée à l’atelier de pose de fonds. Le bleu de Sèvres, fabriqué au laboratoire, est composé de l’oxyde de cobalt ajouté à la couverte incolore. Il fait partie des couleurs transparentes dites "en solution", rares de nos jours, qui se distinguent des couleurs dites "en suspension".
 
Bosse :
Moule servant à la reproduction de la partie intérieure d’une assiette en porcelaine. La bosse est tirée sur la mère et est la réplique exacte du modèle.
Pour chaque famille d’assiettes, un ensemble de moules appelé ronde est fabriqué, comprenant 40 à 50 bosses identiques, car les moules sont sujets à l’usure et sont remplacés tous les 20 tirages environ.
 
Brûlage des essences :
Aux moufles ou fours électriques, cuisson à 960° C, cette étape sert à faire volatiliser l’essence grasse et maigre de térébenthine, mélangée à la couleur en poudre pour permettre la pose, à l’atelier de pose de fonds.
 
Brunissage :
Métier servant à révéler, par polissage, la brillance de l’or pur cuit. Sa particularité est de sortir mat du four en raison de son état rugueux qui disperse la lumière. L’or est un métal ductile qui peut être poli par écrasement ; cette opération est en général effectuée à l’agate et aux hématites. En variant les techniques, on varie la brillance de l’or.
 



 

_ C _

 
Céladon :
La couverte céladon, de couleur verte imitant le jade, s'obtient à partir d'oxyde de fer cuit en réduction.
 
Cendres :
Les cendres sont fréquemment employées pour obtenir des glaçures dont les couleurs varient subtilement en fonction du végétal qui a fourni les dites cendres.
 
Couleurs de grand feu :
Couleurs fabriquées au laboratoire, cuisant à une température supérieure à 1 100° C.
Elles sont composées d’oxydes métalliques ajoutés soit à la pâte (pâtes colorées sur pâte crue), soit à divers flux vitreux fabriqués sur place : sur-couvertes, appliquées sur la couverte incolore en général cuite ; couvertes colorées, appliquées sur dégourdi ; sous-couvertes, appliquées sur dégourdi avant la pose de la couverte incolore.
Les couleurs de grand feu ne sont pas retouchées après cuisson.
 
Couleurs de petit feu :
Couleurs fabriquées au laboratoire, cuisant à une température inférieure à 1 000°C.
Elles sont composées de colorants et de fondants fabriqués sur place. Aux ateliers de peinture, les couleurs de petit feu sont affaiblies par la cuisson ; le peintre repeint (repique) la composition après cuisson.
 
Couverte incolore :
Email transparent et incolore préparé à la Manufacture à partir de matières premières d’origine française : la pegmatite et le quartz. Sa spécificité est de pouvoir être posée en fine épaisseur. La pose est effectuée à l’atelier d’émaillage par trempage.
A chaque pâte à porcelaine s’accorde sa couverte ; celle-ci cuit à haute température.
 
_ ABC... _



 

_ D _

 
Découper, découpage :
Technique de taillage des bords à empreinte lobée, exercée par les garnisseuses-découpeuses à l'aide de lames en acier.
 
Dégourdi :
Ce terme désigne aussi bien la pièce " dégourdie " que la cuisson préliminaire à 980° C des pièces après le façonnage en cru. Cette température, peu élevée pour la porcelaine, permet de conférer à la pièce sa solidité en lui conservant la porosité nécessaire à l’émaillage avec la couverte incolore.
 
Dessin trait-plâtre :
A l’atelier de moulage-tournage en plâtre, dessin réalisé par le dessinateur d’épures, servant à réaliser les modèles des assiettes à bord linéaire et sans reliefs.
 
Dessin trait-pâte :
A l'atelier de calibrage, le calibre en acier sur le troisième poste de travail est affûté sur place, ajusté à ce dessin, qui est réalisé par le dessinateur d’épures. Le dessin est établi par rapport au profil de la pièce encore verte.



 

_ E _

 
Émaillage :
Aux ateliers d'émaillage, technique servant à appliquer l'émail appelé également couverte.
L'émaillage "au laitier" se fait en utilisant les résidus de forge qui surnagent à la surface des cuves dans lesquelles est plongé le métal en fusion. On réduit en poudre ces résidus que l'on mélange à de l'oxyde de plomb et à des cendres dans de l'eau pour obtenir un bain d'émail. La couverte obtenue est brune rougeâtre.
 
Encrage, encrer :
A l’atelier d’impression, ce terme indique, par analogie avec l’impression à l’encre, l’action d’étendre sur la plaque en cuivre aciérée, à l’aide d’une spatule en acier, l’or pur à 24 carats mélangé à son fondant, au noir de fumée et à des huiles épaissies. Le papier de soie protégé par un buvard est posé sur la plaque enduite d’or avant le passage sous la presse.
 
En cru sec :
Se dit d’une pièce non encore cuite à l’état sec ; la pièce en cru sec n’est plus déformable.
 
En cru vert :
Se dit d’une pièce non encore cuite à l’état humide ; la pièce en cru vert est déformable.



 

_ F _

 
Fileur-doreur, filage :
La technique du filage, réalisée par le fileur-doreur, est utilisée pour peindre à main levée les filets sur le bord des pièces à l'aide du pinceau à sifflet. La matière la plus utilisée est l'or pur à 24 carats réduit en poudre au laboratoire, préparé en mélange fluide à l'atelier.
La pièce est centrée sur une tournette en rotation ; le pinceau gorgé d'or liquéfié est posé sur le bord de la pièce, afin de réaliser sur son pourtour un trait d'épaisseur constante.
 
Four à bois :
La Manufacture de Sèvres conserve 6 fours à bois du XIXe siècle, classés monuments historique comme l'ensemble du site. Le plus grand d'entre eux est remis en fonction pour des cuissons rares et exceptionnelles, notamment pour cuire les grandes pièces qui ne rentreraient pas dans les fours à gaz, utilisés régulièrement pour les cuissons à haute température.
Pour le four à bois, le bouleau est utilisé, seul bois capable de porter le four à 1 380° C, la température la plus élevée à la Manufacture. Les pièces sont empilées à l'intérieur, protégées par les étuis réfractaires appelés gazettes ; la porte est murée avec des briques réfractaires. Après 35 à 40 h d'alimentation continue et contrôlée en bois, la température est atteinte. Le four refroidit naturellement puis la porte est démantelée (2 à 3 semaines après).
 
Four de blanc :
Cuisson à haute température, en atmosphère réductrice, des pièces façonnées, dégourdies et émaillées avec la couverte incolore. La dénomination est due à l’aspect blanc et brillant des pièces au défournement : la blancheur est la couleur de la porcelaine et la brillance est due à la couverte incolore. La température la plus élevée utilisée à Sèvres est 1 380° C pour la pâte dure.
 
Four de bleu :
Cuisson à 1 360° C en atmosphère oxydante des pièces cuites en four de blanc, puis décorées avec les fonds colorés de grand feu (cf. bleu de Sèvres, couleurs de grand feu, sur-couvertes).
 
_ ABC... _



 

_ G _

 
Grès :
Au XVIIIe siècle, les céramistes dans le Staffordshire ont recherché la fabrication d'une pâte blanche appelée "faïence fine". On a varié les couleurs des pâtes pour obtenir du bleu clair, du noir, du "nankin" (allusion aux soieries chinoises au ton saumon, plus ou moins rose ou jaune), de l'osier... Ces pâtes, perfectionnées par Wedgwood, sont vitrifiées (donc, ce sont des grès) pour pouvoir être utilisées sans recevoir d'enduit vitreux. Wedgwood a utilisé un mode décoratif techniquement classique, consistant à mouler des reliefs en méplat dans des moules en métal, puis à appliquer les reliefs et à les coller à l'aide de barbotine sur la pièce à décorer. Ces reliefs sont d'une couleur autre que celle de la pâte de la pièce, sauf quand il s’agit de noir (black basalt). Les reliefs blancs sur fond bleu clair sont les plus fréquents (jasper ware).
 
Grès dits « cérames » par Brongniart :
On tire des effets décoratifs des coups de feu : les pièces n'étant pas protégées des flammes au cours de la cuisson, celles-ci laissent des traces rouges.
Jeter du sel, ou déposer du sel dans le four au cours de la cuisson favorise l'apparition d'une sorte de vernis incolore sur la surface des grès.



 

_ H _


 

_ I _

 
Impression (technique de fabrication) :
Au calibrage, technique utilisée au deuxième poste en rotation ; cette technique permet, par pression précise et régulière des mains, de reporter, sur la couche de pâte à porcelaine positionnée sur le moule, l'empreinte de celui-ci, qui constitue la partie intérieure d'une assiète.
Pour éviter les déformations, le calibreur utilise les éponges naturelles dites oreilles d'éléphant.
 
Impression (atelier d') :
Le métier d'impression exercé dans cet atelier est constitué d'une suite de techniques successives, servant à reporter sur la porcelaine un décor gravé en taille douce à l'atelier de gravure.
L'impression proprement dite comporte les techniques suivantes : la plaque en cuivre, gravée et aciérée, est encrée (cf. encrer, encrage) en général avec l'or pur additionné d'adjuvants puis est recouverte d'un papier de soie spécial avant le passage sous la presse, qui permet le transfert du décor sur le papier.
Les techniques de décalquage sont ensuite exercées : le papier de soie, découpé et humidifié, est roulé avec une roulette recouverte de feutre à l'endroit voulu de la pièce en porcelaine, afin d'y reporter chaque partie du décor. Celui-ci, poudré d'or pur en poudre, est perfectionné au bâtonnet en buis, puis au pinceau très fin dit de retouche.
 
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_ J _


 

_ K _


 

_ L _


 

_ M _

 
Mandrin :
Support de retouche. Au calibrage, il est en pâte séchée et sert à y centrer les assiettes calibrées et séchées. A l’atelier d’émaillage par trempage, il est en plâtre recouvert de feutrine et sert à y centrer les pièces émaillées et séchées.
 
Mère :
A l’atelier de moulage-tournage en plâtre, premier moule tiré sur le modèle en plâtre de l’assiette, appelé aussi creux, car il est concave. La bosse est tirée sur la mère.



 

_ N _


 

_ O _

 
Oreilles d'éléphant :
Au calibrage, éponges naturelles amples et fines utilisées lors de l'impression de la couche de pâte. (cf. impression).
 
Or relief :
Au filage et dorure, technique de décor qui permet de rehausser le décor en or. L’or pur à 24 carats en poudre, mélangé à son fondant par broyage, à de la vaseline et à une pointe de térébenthine maigre, est étiré au pinceau goutte après goutte pour former le décor en relief souhaité.
 
Oxydes métalliques :
Le cobalt donne le bleu, la limaille de fer donne du jaune miel, le manganèse une couleur aubergine, l'oxyde de cuivre donne du vert ; en fonction des conditions de leur utilisation, les oxydes de fer peuvent donner du noir, du bleu..



 

_ P _

 

Palette :
Aux ateliers de peinture, échantillonnage des couleurs dégradées et cuites pour chaque pâte.
 
Pâtes à porcelaine :
La Manufacture de Sèvres fabrique de nos jours 4 pâtes à porcelaine :
pâte dure (PD, XVIIIe siècle, contient 75 % de kaolin) ;
pâte tendre (PT, variante de celle du XVIIIe siècle, contient très peu de kaolin et 50 % de cendre d’os, seule pâte tendre phosphatique en France) ;
pâte nouvelle (PN, vers 1882, contient 45 % de kaolin) ;
pâte blanche ou pâte Antoine d’Albis, similaire à la pâte dure (PAA, du nom du chef du laboratoire de la Manufacture qui l’a mise au point, vers 1965).
 
Pâte dure, pâte tendre :
(Cf. aussi pâtes à porcelaine) La pâte dure est considérée comme étant la véritable porcelaine, composée majoritairement de kaolin. Le premier gisement européen de kaolin fut découvert au début du XVIIIe siècle en Allemagne près de Meissen. Le premier gisement français de kaolin fut découvert près de Limoges en 1768 par deux chercheurs de la Manufacture de Sèvres. La pâte tendre est un succédané dépourvu de kaolin, très prisé en Europe particulièrement au XVIIIe siècle. Les premiers essais de porcelaine tendre datent de la fin du XVIe siècle à Florence. La porcelaine tendre fut fabriquée et commercialisée en France, dès le XVIIe siècle.
 
Peinture (sur porcelaine) :
Le peintre dispose des couleurs de petit feu fabriquées au laboratoire, des palettes et d'un modèle de référence ; chaque pinceau est préparé sur place. Après avoir centré le décor à l'aide du poncif, le peintre peint à main levée la composition en son entier. Deux, voire trois cuissons au-dessous de 1000° C et à températures dégressives sont nécessaires ; après la ou les cuisson(s), le peintre repeint (cf. repique) sa composition.
 
Pinceau à sifflet :
Au filage et dorure, pinceau étroit en poils de martre et à pointe biseautée, utilisé pour réaliser les filets.
 
Poncif :
Aux ateliers de peinture, papier transparent lissé à la pierre ponce, d’où son nom, qui permet le report de la silhouette du décor sur la porcelaine afin de le centrer.
 
Putoisage :
A l’atelier de pose de fonds, technique qui permet de répartir uniformément (se dit, égaliser) le fond coloré appliqué avec la queue-de-morue. La couleur est tapotée avec une brosse en poils de blaireau pour les couleurs de grand feu et une brosse en poils de putois, plus fins, pour les couleurs de petit feu.



 

_ Q _


Queue de morue :
A l’atelier de pose de fonds, pinceau qui sert à étaler la couleur sur une surface. Il est large et en soie de porc pour répartir les couleurs de grand feu et il est étroit et en nylon pour les couleurs de petit feu.
 
_ ABC... _

 

 

_ R _

 
Raccords :
Au dessin-modelisme et à l’atelier de gravure, se dit des deux portions de frise supplémentaires, l’une un peu plus courte et l’autre un peu plus longue, dessinées puis gravées, servant à parfaire l’ajustement de la frise sur la pièce en porcelaine à l’atelier d’impression.
 
Repiquer, repique :
Aux ateliers de peinture, action réalisée après cuisson, servant aussi bien à renforcer les tons et les valeurs, affaiblis par celle-ci, qu'à affiner les détails de la composition peinte.
 
Revêtements vitriques (glaçure, émail, couverte)
Afin de rendre la céramique imperméable, la pâte est recouverte d’un revêtement qui se vitrifie à la cuisson, formant une mince couche de verre à la surface de la céramique. Ces revêtements sont appelés glaçure, émail ou couverte. Il sont composés de 3 éléments indispensables : silice (quartz, silex), alumine (présente dans la plupart des argiles et roches ignées) et d’un fondant. Le fondant (plomb, sel, cendres végétales) abaisse le point de fusion (température où se mélange les éléments) des deux premiers composants. La silice produit l’effet vitreux, et l’alumine durcit le revêtement évitant qu’il ne coule sur les parois du récipient à haute température.
Glaçure et couverte sont posées sur la pièce soit par immersion de celle-ci dans un bain, soit par application au pinceau, au vaporisateur, ou bien encore par aspersion à l’aide d’une louche.



 

_ S _

 
Sur-couvertes :
Couleurs de grand feu fabriquées au laboratoire et posées sur la couverte incolore en général cuite, d’où leur nom.
 


 

_ T _


 

_ U _


 

_ V _

 
Vert(e) :
(Cf « En cru vert »)
 


 

_ W _


 

_ X _


 

_ Y _


 

_ Z _

 

_ ABC... _

 

 
Ce glossaire est indicatif et non exhaustif mais il donne des informations sur la terminologie si particulière, qui caractérise les quelque 30 métiers d'art différents de la production de la porcelaine de Sèvres et des arts céramiques en général.